Crise libyenne
Appel à un accompagnement loyal


PUBLIE LE 09-11-2016

Le ministre des Affaires maghrébines, de l'Union africaine et de la Ligue
des États arabes, Abdelkader Messahel, a réitéré, hier à Addis-Abeba,
l'appel de l'Algérie, au respect de la volonté du peuple libyen dans le
processus de règlement de la crise qui secoue son pays, invitant la
communauté internationale à un accompagnement «loyal et franc»
pour l'aider à sortir de cette crise.
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«L’Algérie est convaincue que les Libyens ont la capacité de pouvoir
dépasser leurs divergences. C’est pourquoi mon pays appelle, de nouveau,
au respect de la volonté des Libyens qui doivent s’approprier le processus
de règlement de la crise et invite la communauté internationale à un
accompagnement loyal, franc et sans équivoque, pour les aider à sortir
définitivement leur pays de la crise qui perdure et des dangers qui le
guettent», a déclaré M. Messahel à la réunion au sommet du Comite de
haut niveau de l’UA sur la Libye.Il a rappelé, à ce propos, que «l’Algérie
n’a cessé, depuis le début de la crise en Libye, d’attirer l’attention sur les
dangers d’une impasse dans ce pays, et a appelé à l’urgence et à l’impératif
d’inclure, à l’exclusion des groupes terroristes listés comme tels par les
Nations unies, toutes les parties libyennes politiques, sécuritaires, culturelles,
cultuelles, représentants de tribus et de la société civile, à s’engager dans le
processus politique et à œuvrer dans le sens du rétablissement de la stabilité
et de la sécurité en Libye». M. Messahel a souligné que l’Algérie «a défendu
cette position depuis septembre 2012 auprès Nations unies, de tous les
frères libyens avec lesquels elle entretient du reste des relations suivies et
empreintes de respect et d’amitié, ainsi qu’auprès de tous les partenaires
étrangers». Il a assuré, à cet effet, que l’Algérie «continuera d’appuyer les
efforts des Libyens, des Nations unies, de l’Union africaine, des pays voisins,
de la Communauté internationale et de tous ceux qui s’inscrivent résolument
dans le processus de recouvrement de la paix dans ce pays frère, pour mettre
fin aux souffrances incommensurables du peuple libyen qui n’aspire qu’à vivre
dans des conditions de quiétude, de sérénité et de développement». Cette
réunion se tient à un moment «crucial du processus de règlement de la crise
en Libye dont l’impact et les conséquences sur nos pays sont avérés», a relevé
le ministre. «Elle nous offre l’occasion d’évaluer ensemble les efforts en cours
sur la voie du retour à la paix, à la sécurité et à la stabilité en Libye meurtrie
par plus de cinq années d’affrontements, et participe aussi de cet engagement
renouvelé de notre organisation continentale à accompagner les parties
libyennes à mener à son terme ultime le projet de rétablissement définitif et
durable de la paix qu’elles ont scellé en signant l’Accord politique le 17
décembre 2015», a-t-il expliqué. Il a rappelé, aussi, que «depuis le début des
évènements que connaît ce pays voisin et frère, l’Algérie s’est investie fortement
pour le règlement de la crise en Libye et a largement contribué à la conclusion
de l’Accord politique libyen de manière discrète et décisive en abritant de
nombreuses rencontres de partis politiques et d’activistes libyens, en
encourageant le rapprochement des parties libyennes et en privilégiant la voie
du dialogue et de la réconciliation, seuls garants d’une paix durable et définitive
dans ce pays». «C’est cette position que l’Algérie a constamment portée pour
une Libye unie, apaisée, prospère et réconciliée avec elle-même», a-t-il indiqué.
Ainsi, «la solution politique fondée sur le dialogue inclusif entre toutes les parties libyennes qui rejettent la violence est l’alternative pour la sortie de la crise en
Libye. Toute démarche différente et non consensuelle risque de prolonger
indéfiniment cette grave situation». L’Accord politique signé sous l’égide de
l’ONU par parties libyennes, «malgré les obstacles mis à sa mise en œuvre dans
les délais et règles impartis, constitue le cadre de règlement de la crise dans ce
pays», a-t-il précisé.Cet accord «représente un compromis consensuel de
négociations qui ne peut, en aucun cas, satisfaire toutes les parties ou répondre
à l’ensemble de leurs préoccupations. Étant entendu que cet Accord doit gérer
une période de transition. Sa mise en œuvre nécessite un soutien total et loyal
de la communauté internationale, à travers un agenda unique celui du
rétablissement de la paix et de la stabilité dans ce pays voisin et frère», a
expliqué M. Messahel. Il s’agit, également, de «l’impératif pour les trois
institutions issues de l’Accord politique libyen (Conseil Présidentiel du
Gouvernement d’entente nationale, Chambre des Représentants et Conseil
d’État), de travailler ensemble et de fédérer leurs efforts pour sortir de
l’impasse et de dépasser les contingences actuelles». La position de l’Algérie
porte, en outre, sur «l’importance pour les Libyens de s’approprier le processus politique et trouver des solutions à leurs différends dans le cadre du dialogue
inclusif afin de préserver l’unité et l’intégrité territoriale de leur pays, de sa
souveraineté et de sa cohésion nationale». L’Algérie a souligné, aussi,
«la nécessité d’encourager et d’élargir les bases du dialogue national interlibyen,
pour inclure toutes les parties, notamment celles influentes aux plans politique, sécuritaire, culturel, religieux, économique, social et ce, en vue d’aboutir au
consensus le plus large possible et d’obtenir une plus grande adhésion populaire». L’Algérie, qui a défendu cette approche, depuis le début du processus onusien,
demeure convaincue que «c’est la seule voie, à même d’accélérer la sortie de crise»,
a affirmé M. Messahel.
Pour l’Algérie, «le dialogue et la réconciliation nationale,
sans exclusion aucune, et sans ingérence extérieure sont garants du règlement
définitif de la crise pour éviter à la Libye les périls de division et de déstabilisation», a-t-il insisté. «L’urgence de la formation par le Conseil Présidentiel, qui bénéficie
de notre soutien, d’un Gouvernement d’entente nationale et son approbation dans
les meilleurs délais possibles par la Chambre des Représentants, conformément
aux dispositions de l’Accord politique du 17 décembre 2015, sans aucune ingérence extérieure, ni pressions et menaces de quelle que partie que ce soit, pour permettre
à ce Gouvernement d’assumer souverainement et pleinement ses missions multiples
aux plans politique, économique et sécuritaire», a-t-il précisé. «La construction de
la Libye de demain nécessite la mise en place d’institutions fortes, unies, justes et équitables chargées de servir indistinctement tous les Libyens», a ajouté le ministre. L’Algérie «salue les victoires remportées par les forces libyennes dans leur lutte
contre le terrorisme, à Syrte, à Benghazi et dans d’autres localités du pays», a
indiqué M. Messahel, soulignant que «toutefois, cette lutte contre le terrorisme et
ses connexions ne peut être efficace que dans la mise en place d’institutions justes, crédibles et solides, seules capables d’éradiquer le terrorisme qui a déjà fait jonction
avec le crime organisé et qui constitue une menace pour la sécurité et la stabilité
des pays voisins». Pour l’Algérie, «le gel des fonds et autres ressources de la Libye
doit être levé pour permettre aux autorités légitimes et reconnues de répondre
aux besoins immédiats de la population, notamment en termes de fourniture d’électricité et d’eau, et dans les domaines de la santé, de l’éducation et de
l’amélioration des conditions de vie». L’Algérie insiste à ce que «l’UA, qui a tout entrepris en 2011 pour éviter à ce pays frère et voisin, les affres de l’intervention militaire, doit s’impliquer davantage aux côtés des Nations unies pour amener les
parties libyennes, la communauté internationale à soutenir le processus politique actuellement engagé pour le recouvrement de la paix, de la stabilité et de la sécurité dans ce pays, et à travailler avec les États voisins en raison de conséquences
directes de cette crise sur leur propre sécurité», a indiqué M. Messahel.


(APS)